mardi 15 mars 2016

Le 15/03/2016

Infos sur l'actualité internationale:
Les "villes fantômes", un problème de société

A partir de la fin de la deuxième guerre mondiale, les pays intégrés au processus de mondialisation ont vu les métiers du secteur secondaire et du secteur tertiaire prendre de la place au détriment de ceux du secteur primaire. Ce phénomène a entraîné la hausse des exodes ruraux et, indirectement, le dépeuplement des campagnes. A première vue, dans les pays à économie de marché, la création massive d'emplois dans les villes semble être le seul facteur capable de créer des zones dépeuplées voire inhabitées. Pourtant, cet élément ne semble pas suffisant pour expliquer la multiplication des villes fantômes de nos jours. D'autres paramètres, qui trouvent leurs sources dans des contextes plus préoccupants, interviennent.



En Europe, et plus particulièrement en France, la mise en place de nouvelles manufactures avec en même temps des banlieues dortoirs ont incité les habitants des zones campagnardes à déménager en zone urbaine afin de pouvoir travailler dans de bonnes conditions et éviter la précarité. Le plan Pinay-Rueff voté en 1958 semblait d'ailleurs montrer la volonté du gouvernement français de développer une industrie de masse par une baisse des tarifs douaniers et le libre échange avec les pays de la CEE. Néanmoins, cela a clairement engendré l’avènement de villages désertés. Situé dans le sud-est du pays pour la plupart d'entre eux, certains endroits ont pu cependant tirer leur épingle du jeu et devenir des zones touristiques. Les vagues d'exode rural s’avèrent être les uniques responsables du dépeuplement des villages de campagnes.


Le délaissement des villes est tout d'abord dû à des contraintes économiques et environnementales. Ici, le meilleur exemple à prendre est le cas du village de Doel en Belgique. Faisant partie de l'agglomération de Beveren, cette commune frontalière avec les Pays-Bas a suscité de nombreux débats en Belgique flamande depuis une vingtaine d'années. En raison de l'extension du port d'Anvers, la plupart des habitants ont été expropriés pour que ce projet puisse voir le jour dans les années 90. Cela a donné lieu à un intense trafic de paquebots qui perturbe la vie des habitants. Abritant également l'une des deux centrales nucléaires de Belgique depuis plus de quarante ans, la municipalité subit les effets de la pollution ainsi que des risques d'exposition aux ondes radioactives et voit petit à petit ses citadins la déserter. Par ailleurs, l'un des quatre réacteurs de la centrale, le réacteur n°3 a été mis à l'arrêt en 2014 suite à l'apparition de milliers de fissures dans sa cuve.


Et puis, on se rend compte que la principale cause de l'augmentation des "villes fantômes" provient des mauvaises anticipations des urbanistes. Avant la crise économique et financière de 2008, que cela soit en Europe, en Asie ou encore en Amérique, ces derniers ont conçu des villes pavillonnaires dans les périphéries des mégapoles dans le but d'accueillir les classes aisées. Malheureusement, les conséquences de cette crise ont été importantes au niveau du prix de l'immobilier et des milliers de familles ont été contraints de renoncer à vivre dans ces lieux. Les villes de Tiandu Cheng en République populaire de Chine et de Valdeluz dans la région madrilène en Espagne en sont des exemples notoires. Elles visaient au départ un total de 10 000 habitants au minimum vers 2010, mais, actuellement, elles comptent moins de 2000 habitants chacune.


jeudi 3 mars 2016

Le 03/03/2016

Infos sur la politique africaine:
Une transition démocratique inexistante pour certains Etats africains


Après avoir obtenu leur indépendance suite au processus de décolonisation dans les années 60, les pays d'Afrique ont été contraints de faire face à des problèmes auxquels ils n'avaient jamais été confrontés. Les combats entre ethnies distinctes, ceux entre différentes communautés religieuses ainsi que les coups d'Etat sont les trois problèmes qui subsistent encore aujourd'hui. D'ailleurs, en ce qui concerne le dernier cité, il s'avère que la plupart des Etats africains ont réussi à se débarrasser des dictateurs. Mais, à l'inverse, certains n'ont même pas lancé la transition vers la démocratie afin d'obtenir un Etat de droit et préfèrent conserver leur mode de gouvernement.


Comme dans de nombreux pays d'Asie, l'Afrique comprend également quelques pays dont la situation politique est compliquée voire tendue. Se considérant elles-mêmes comme des "Etats  démocratiques", ces nations sont pourtant vues par la Communauté Internationale comme des pays dangereux pour le développement de la démocratie et de la paix. L'actualité semble d'ailleurs donner raison à la CI par des événements qui contredisent les propos de ces chefs d'Etat. N'ayant pratiquement aucun point en commun, ces pays appartenaient en général aux trois principaux empires coloniaux de l'époque: le Royaume-Uni, la France et le Portugal.


La majeure partie des nations qui étaient auparavant sous domination portugaise a conservé quelques mauvais aspects. Parmi celles-ci, la Guinée-Bissau, située entre la Guinée et le Sénégal, est sûrement celle qui en présente le plus aujourd'hui. Sur ce territoire lusophone cohabitent deux opinions générales depuis que le président bissau-guinéen José Mario Vaz a décidé pendant l'été 2015 de démettre de ses fonctions son ancien Premier ministre Domingos Simoes Pereira. Il en résulte deux clans, l'un pro-Vaz et l'autre pro-Pereira. Les conséquences furent immédiates avec une baisse de l'activité économique et une diminution de l'export notamment celui des matières premières alimentaires.Le "Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert" (PAIGC) qui est le parti unique du pays avec sa doctrine marxiste, est en ce moment remis en cause par l'ONU et notamment par l'ancien président du Nigéria qui souligne, selon l'agence Ecofin, que la CI est agacée à cause des crises persistantes en Guinée-Bissau.


En ce qui concerne les anciennes colonies françaises qui posent problème, on peut citer le Gabon qui est pénalisé par son gouvernement népotique. Dirigé de 1967 à 2009 par Omar Bongo, le peuple gabonais est depuis 2009 sous le contrôle de son fils, Ali Bongo. Les dernières élections ont montré qu'il était désapprouvé par plus de la moitié de la population gabonaise. Etant à la tête du pays depuis déjà sept ans, il compte se représenter d'ici la fin de l'année dans le but de poursuivre son programme politique visant à passer d'une économie de rente dépendante du pétrole à une économie diversifiée. Le Gabon va évoluer mais restera probablement encore longtemps sous la dictature de la famille Bongo.


Toutefois, parmi les anciennes colonies britanniques, l'Etat le plus préoccupant d'Afrique est la Gambie. Pratiquement enclavé dans le Sénégal, ce pays est dirigé par Yahya Jammey depuis son coup d'Etat en 1994. Cet ancien élève de l'école militaire des Amériques en est actuellement à son quatrième mandat et souhaite en briguer un cinquième. Tenant sa notoriété du fait qu'il rejette les idéologies occidentales, il est aussi connu pour avoir été à l'origine de multiples faits divers qu'il a toujours réfutés (assassinats, harcèlements de la presse, atteintes aux droits de l'homme,...). Cela n'a donc rien d'étonnant que les partis d'opposition l'accusent lui et son régime "d'abus de pouvoir".



lundi 22 février 2016

Le 22/02/2016

Infos sur le sport:
Fenerbahce SK-Besiktas JK: une rencontre à multiples enjeux

   Alors que la vingt-deuxième journée de Süper Lig a été effectuée par la plupart des équipes de première division turque, on s'aperçoit déjà que deux d'entre elles ont complètement semé leurs poursuivants. Ayant réalisé un écart conséquent de plus de dix points par rapport au troisième à seulement huit journées de la fin du championnat, les joueurs du Fenerbahçe SK, tout autant que ceux du Besiktas JK, ont jusqu'à présent été les acteurs d'une saison bien maîtrisée. Et justement, ces clubs de la ville d'Istanbul s'affronteront dimanche prochain. A l'issue de ce match, l'équipe gagnante obtiendra sûrement une bonne option pour remporter le titre et plus encore.



Avec un total de cinquante points pris en vingt-deux rencontres et une phase aller de seizième de finale de ligue Europa remportée face au Lokomotiv Moscou sur le score de deux buts à zéro, l'équipe du Fenerbahçe SK montre clairement un visage très positif cette saison. Mieux encore, ce club, qui est célèbre pour être l'équipe symbolique de la rive asiatique d'Istanbul, a largement pris l'ascendant en championnat face à son rival de toujours installé sur la rive européenne: le Galatasaray SK. Cette réussite de la formation de l'entraîneur portugais Vitor Pereira provient sans contestation d'un bon recrutement effectué durant le marché des transferts d'été avec l'achat des néo-mancuniens Robin Van Persie et Luis Carlos da Cunha (Nani) ainsi que de l'ancien lillois Simon Kjaer. Mais, cela émane aussi de la vente d'anciens cadres qui ont marqué un cycle de l'histoire du club comme Moussa Sow et Dirk Kuyt.


De l'autre côté, la formation de l'actuel meilleur buteur de la compétition Mario Gomez est quant à elle meilleure équipe du championnat avec au compteur cinquante et un points tout en possédant une journée de retard. Bien que celle-ci se soit faite éliminée lors des phases de groupe de la ligue Europa au dernier match par le Sporting CP, l'équipe du Besiktas JK est la surprise de cette édition. Après avoir gagné le titre à la fin de la saison 2008/2009 et une coupe nationale en 2011, ce club populaire de la rive européenne n'a plus rien remporté puis a vu les équipes du Galatasaray SK et de Fenerbahce SK prendre les devants. Néanmoins, cette saison semble être différente des autres et l'ancienne équipe de l'international sénégalais Demba Ba a clairement l'objectif d'écarter toute la concurrence.


Au vu de la forme des deux écuries, le match qui se déroulera dimanche prochain aura tout l'air d'une finale dans ce championnat de Süper Lig. Pourtant, en ce qui concerne notamment le club du Besiktas SK, cette rencontre va s'avérer être importante autant au niveau de l'enjeu qu'au niveau de la notoriété au sein de la mégalopole stamboulite. Pour cause, ces deux équipes subissent depuis des décennies la popularité du Galatasaray SK aux niveaux régional et national. Il est certain que ces dernières comptent bien renverser la tendance afin de s'approprier la ferveur de nouveaux supporteurs.



mercredi 10 février 2016

Le 10/02/2016

Infos sur la politique européenne:
La Moldavie: un pays sous tension



   A l'heure où l'Ukraine subît de multiples perturbations en partie à cause du conflit opposant les pro-russes et les patriotes ukrainiens, il semble tout aussi important d'observer qu'un autre pays d'Europe de l'est soit plongé également dans une atmosphère hostile; il s'agit de la Moldavie. Situé justement entre l'Ukraine et la Roumanie, ce territoire peuplé de 3,5 millions d'habitants a toujours vécu dans un contexte particulier depuis la chute de l'URSS, dont il était le principal fournisseur en produits agricoles (vin, légumes). Ce pays à majorité roumanophone a vu au fil des années son économie dégringoler au point d'en faire le pays le plus pauvre d'Europe et se développer une classe politique oligarque qui est de toute évidence au centre des débats aujourd'hui.




Sans aucun doute, la Moldavie n'a jamais réussi à tenir le cap depuis son indépendance vis-à-vis de l'empire soviétique. A l'inverse des nations de l'ancienne Tchécoslovaquie, l'économie moldave ne s'est jamais relancée au point d'obtenir en 2006 un PIB réel inférieur à celui du Bangladesh, en témoigne un PIB par habitant estimé à environ 2500€. Dès lors, cela s'est avéré être la cause du développement d'une économie souterraine dans sa région de Transnistrie, qui est d'ailleurs réputée pour être un Etat autoproclamé non reconnu à doctrine marxiste, où la vente frauduleuse de drogues et d'armes s'effectue et profite ainsi aux économies informelles moldaves et ukrainiennes.
Pire encore, les dirigeants moldaves oligarques en ont profité pour implanter le projet de leur parti "pro-européen" sur l'ensemble du territoire afin de légitimer leurs actes. Au final, tous ces événements semblent être à l'origine de la plupart des manifestations qui sont observées dans les villes moldaves comme dans la capitale Chisinau.  


Sauf événement contraire, ces protestataires ont pour objectif de tout mettre en oeuvre afin que le gouvernement démocrate pro-européen actuel démissionne et d'obtenir les garanties d'un Etat de droit avec des relations apaisées entre l'Union Européenne et la Russie. Les élites politiques, soupçonnées à juste titre d'être à l'origine de nombreux complots à des fins d'accumulation de richesse, n'ont plus la confiance du peuple et les différents mouvements de manifestants pourtant jusqu'alors opposés sur leurs doctrines et leurs principes (pro-russes et pro-européens) ont fini par s'unir à force de subir la corruption de ce système oligarque au quotidien.  Ils se sont rendus compte que les nouvelles élections, pour lesquelles ils avaient manifesté, n'ont servi à rien au final. En effet, le nouveau Premier ministre du parti pro-européen Pavel Filip, dont la nomination a été d'autant plus validée par les Etats-Unis et l'UE, a remplacé le 20 janvier dernier Gheorghe Brega après avoir été élu en moins de sept minutes par le Parlement sans délai et sans procès verbal de la part de l'opposition.


Ancien directeur d'une confiserie industrielle, cet homme politique a directement été critiqué pour être un ami de longue date de Vlad Plahotniuc, qui est sans contestation le symbole d'une Moldavie en déséquilibre permanent. Actuellement, celui-ci, tout en étant vice-président du parti pro-européen, contrôle plus de 4 chaînes télévisées, des agences immobilières et une partie de la finance moldave. Montrant constamment sa mésentente par rapport aux idées pro-russes, il est justement l'un des seuls oligarques à utiliser ses idées et l'actualité dans l'optique de parvenir à ses fins personnelles. Pour preuve, par le kompromat, qui était autrefois une technique d'espionnage utilisée par l'URSS dont le but était de filmer avec des caméras cachées des relations sexuelles adultères et ainsi d'exercer du chantage, il a réussi à faire taire ces antagonistes. Parmi ses victimes, se trouve Vlad Pilat, ancien Premier Ministre de 2009 à 2013, dont les ébats ont été diffusés sur ses chaînes d'information. Ce dernier est aussi connu pour avoir été impliqué dans l'affaire du milliard en dollars volé par détournement de fonds, ce qui représente près d'un quart du budget public en Moldavie.


Entre corruption des pouvoirs publics pour leurs propres intérêts et lassitude de la société, la Moldavie vit une période compliquée dans son histoire. Si l'UE fait en sorte d'encourager les volontés des manifestants en insistant sur celle d'obtenir un Etat de droit, les oligarques pourraient à l'avenir orienter différemment et dans la bonne voie ce pays qui en a grand besoin désormais. 




mercredi 3 février 2016

Le 03/02/2016

Infos sur le sport:
Le Feyenoord: un affaiblissement préoccupant

   

    L'équipe la plus populaire de Rotterdam, le Feyenoord, longtemps considérée comme la plus performante du pays depuis la création du championnat hollandais de football, a cessé de l'être depuis quelques années maintenant. Avec seulement une coupe des Pays-Bas remportée en 2008, l'écurie rotterdamoise a connu un lourd déclin sportif sur la scène nationale depuis le début du XXIème siècle. Certaines équipes en ont justement profité pour se démarquer d'avantage saison après saison et les conséquences de cette chute sont encore visibles aujourd'hui avec une domination permanente de la compétition disputée en général entre l'Ajax Amsterdam et le PSV Eindhoven. D'ailleurs, ce manque d'équilibre au sein de la formation se ressent particulièrement en ce début d'année 2016, en témoigne leur série de cinq défaites consécutives dans la compétition.  


 Après avoir réalisé une saison 2014-2015 plutôt décevante en finissant à la quatrième place avec 29 points de moins que le vainqueur de l'édition le PSV Eindhoven, le club emblématique de la ville de Rotterdam avait décidé durant le mercato d'été de se montrer très actif dans l'optique d'être à nouveau un sérieux candidat pour le titre. Tout d'abord, la direction du club avait engagé au poste d'entraîneur leur adjoint Giovanni Van Bronckhorst, qui était un ancien joueur réputé pour avoir évolué durant sa carrière dans des équipes comme celle d'Arsenal ou du FC Barcelone. Elle avait également réussi à s'attacher les services de joueurs expérimentés provenant d'Eredivisie (Vejinovic, Botteghin, Kramer) ou de nationalité néerlandaise (Kuyt, Elia). Enfin, s'en était suivi la vente de jeunes espoirs de l'équipe (Boëtius, Manu, Te Vrede) à la clôture du mois d'août afin de retrouver de la stabilité sportive et collective. Dès lors, les résultats se sont révélés être positifs et le Feyenoord a bien répondu présent durant cette première partie de saison. Néanmoins, il s'avère que cette harmonie mise en place au début de la saison n'aura pas tenu bien longtemps puisque l'équipe connaît de nombreuses difficultés depuis la reprise hivernale.                                                                                                                                                               

Invincible dans son stade nommé "De Kuip" (le seau en français) après avoir effectué l'intégralité de ses rencontres lors de la phase aller, le Feyenoord a malheureusement fait déjouer tous les pronostics en s'inclinant à trois reprises en trois matchs dans son entre uniquement durant le mois de janvier. D'autant plus que ces défaites s'ajoutent à la série noire que le club subit en ce moment-même et qui ont déjà compromis la totalité des chances pour remporter le titre. En effet, la formation du milieu international espoir hollandais Tonny Vilhena a enregistré pas moins de cinq défaites d'affilée dont une ayant eu lieu lors de la dernière journée avant les fêtes. Et bien que la première journée de la phase retour fut jouée face à l'actuel meneur d'Eredivisie, le PSV, l'origine des autres contre-performances n'est sûrement pas due au fait que l'adversaire était plus performant sportivement. Il s'agit véritablement d'une baisse de confiance de la part de l'ensemble de l'écurie apparue au mois de janvier face au challenge que l'Ajax et le PSV se livrent depuis quelques saisons. En se rendant compte que la tâche serait beaucoup trop compliquée, la plupart des joueurs du Feyenoord se sont sans aucun doute désinvestis et, contre leur gré, ont perdu de nombreux et précieux points jusqu'à permettre aux concurrents de revenir à quelques longueurs même s'ils conservent toujours leur troisième place.



Actuellement dans une période morose, le club est une nouvelle fois bloqué cette saison entre la volonté de pratiquer un beau jeu et l'atteinte d'objectifs plus délicats tels celui de remporter un trophée. Il ne serait pas étonnant qu'à l'avenir de nouvelles mesures soient prises par les dirigeants pour améliorer la situation. 

jeudi 28 janvier 2016

Le 28/01/2016

Infos sur l'économie européenne:
Futur incertain pour l'économie allemande


   Depuis sa réunification en 1990, suite à l'effondrement du  bloc soviétique, la République fédérale allemande est devenue  sans conteste l'un des acteurs les plus influents au sein des relations internationales. Quelques années ont suffi au territoire aujourd'hui dirigé par la Chancelière Angela Merkel pour rattraper le retard accumulé pendant plus de quarante ans à cause du système communiste exercé sur la RDA en mettant à disposition toutes ses ressources disponibles (population nombreuse, jeune et dynamique; savoir-faire; matières premières). Par conséquent, elle est aujourd'hui la quatrième puissance mondiale par son PIB nominal et le pilier de l'Union Européenne dans tous les domaines avec la France. Cependant, bien que son modèle économique soit considéré comme l'exemple à suivre selon l'opinion publique, l'Allemagne est actuellement dans une situation incertaine concernant son avenir.


Pays où la pensée protestante s'est implantée dans l'économie à partir de la Renaissance sous la doctrine luthérienne, l'Allemagne est réputée pour avoir parfaitement intégré les valeurs essentielles du travail et pour l'avoir rendu légitime. Cet Etat a d'ailleurs été l'un des premiers à développer le libre-échange entre ses différents territoires sous le Zollverein de Frédéric List dès le XIXème siècle par la foi en un bien-être national. On peut alors comprendre d'où vient cet optimisme allemand et cette croyance en une croissance permanente. Pourtant, cette tendance semble depuis peu s'estomper. En effet, avec une dépression notable au niveau du secteur des services, de la construction et surtout du secteur manufacturier, comme en témoigne le cas du groupe Volkswagen en ce moment-même en grande difficulté, les chefs d'entreprise allemands ou installés en Allemagne ont déclaré être moins confiants en ce qui concerne la croissance du PIB. Dès lors, ces informations ont fait diminuer l'indice IFO, qui mesure justement ce taux (100<.n= patrons optimistes sur l'évolution des affaires, n<100= patrons pessimistes sur l'évolution des affaires). Il est déjà passé de 108,6 en décembre à 107,3 en janvier.


Cette baisse de l'indice IFO est totalement en accord avec la réalité. Trop confiants, les patrons des GE n'ont pas voulu dans un premier temps prêter attention au fait que leur production était en train de faiblir légèrement. Mais, désormais, ces derniers ne peuvent plus rester impassibles et doivent trouver des solutions pour éviter que cela empire. Les études montrent justement que la baisse de production allemande provient d'une balance commerciale négative. Les importations ont considérablement accru par rapport aux exportations en raison des turbulences sur le marché des biens et des services et sur celui du travail, ainsi que de la baisse de régime de la part des pays émergents comme la Chine. Cela explique alors indirectement la cause de la récession allemande. La croissance a diminué. Elle se maintient cependant à 1,7% grâce aux contributions du secteur de la vente qui efface l'excès de la demande extérieure et le besoin d'investissement.


Néanmoins, malgré tous ces signaux alarmants, l'Etat allemand ne prend pas de dispositions particulières pour freiner la décélération constante de la croissance qui diminue l'indice IFO et son PIB.  Berlin arrive à trouver des arguments allant dans le sens contraire de toutes ces critiques. Pour preuve, le gouvernement pense que la croissance ne devrait pas s’essouffler quoi qu'il en soit car les exportations allemandes vers la zone Euro et les Etats-Unis ont augmenté ces derniers temps.           De plus, la Buba, autrement appelée la Banque fédérale d'Allemagne, verrait quant à elle une nouvelle phase de croissance par l'augmentation du pouvoir d'achat du peuple allemand grâce au recul massif du prix du pétrole. Ceci devrait refaire démarrer l'industrie. 

Hautes tours dans le quartier d'affaire de Francfort


(Quartier d'affaires de la ville de Francfort-sur-le-Main)

vendredi 22 janvier 2016

Le 22/01/2016

Infos sur l'actualité internationale:
L'Oblast juif de Russie, une terre oubliée


    Depuis sa création en 1948, Israël est l'unique pays dont les institutions sont fondées à partir de la religion juive. Connu pour être impliqué dans de nombreux conflits au Moyen-Orient, l'Etat israélien l'est aussi par sa croissance économique et démographique. Pour preuve, des outils d'analyse économique comme le PIB et l'IDH sont constamment en augmentation en Israël et il est, proportionnellement à sa population, l'un des pays qui accueille le plus d'exilés dans le monde. Pourtant, derrière cette description d'un Etat israélien au visage positif dont les objectifs fondamentaux ont été atteints, se cache un autre territoire qui a du faire les frais de ce succès; il s'agit de l'Oblast autonome juif de Russie.



Bien avant qu'Israël soit fondé, le dirigeant soviétique Joseph Staline avait décidé de créer un Etat réservé exclusivement au peuple juif habitant en URSS afin de répondre à des projets idéologiques (donner une terre à chaque nationalité vivant en URSS puis éloigner toutes pratiques religieuses incompatibles avec la pensée communiste) et géo-politiques (occuper un maximum de surfaces non exploitées pour s'octroyer des ressources naturelles). Après des mois de planification avec l'architecte suisse Hannes Meyer à la fin des années 20, c'est donc en 1934 qu'un Oblast autonome juif a été établi en URSS. Situé à l'extrême-sud du territoire russe actuel et dans la région de la Mandchourie, cet Etat, dont la langue officielle est encore aujourd'hui le yiddish, a alors attiré des milliers de familles juives ashkénazes venant majoritairement d'Ukraine, de Russie ainsi que de Pologne et s'est auto-développé sans les aides de Moscou.


Mais, avec la création de l'Etat israélien en 1948 et la mort du "Vojd" en 1953, de nombreuses familles qu'elles soient juives ou communistes ont décidé de quitter la région, et plus particulièrement la capitale Birobidjan, pour aller vivre au sein de la véritable terre promise comme le décrit la Torah ou pour retourner dans les villes importantes de l'URSS. Cette baisse constante du nombre d'habitants depuis la fin des années 50 a surtout été décrite par l'écrivain français Marek Halter. Dans son ouvrage L'Inconnue de Birobidjan apparu en librairie il y a maintenant quatre ans, cet officier de la Légion d'honneur exprime clairement cette diminution massive de la population en soulignant que, avant les années 50, l'Oblast autonome juif de Russie comptait plus de dix millions d'habitants pour seulement 180 000 aujourd'hui.


Plus grave encore, un autre problème très préoccupant est développé par cet auteur. Il s'agit du nombre de personnes parlant encore le yiddish à l'heure actuelle dans cette province. Bien qu'elle en soit encore la langue officielle, le nombre de personnes parlant le yiddish est passé de dix millions au cours des années 40, c'est-à-dire l'ensemble de la population de l'Oblast, à 8000 personnes sur les 180 000 encore présentes en 2012. Pour Marek Halter, la mort de Staline, la création d'Israël et le manque d'attachement à la culture yiddish de la part de l'ensemble des habitants expliquent cette faramineuse diminution. Par ailleurs, il nomme ce phénomène "la lente agonie de Birobidjan". Pour palier à cette disparition de la culture yiddish propre à l'Oblast, les villes de la région essaient justement d'attirer du monde par des infrastructures de grande qualité. Par exemple, Birobidjan attire par son université nationale juive des étudiants en langue hébreux et en langue yiddish pour transmettre les traditions.